| AOP et
IGP, deux labels de qualité garantie de l’origine
En 1992, sous l'impulsion de la France, la Communauté
Européenne adopte deux règlements instituant trois nouvelles
protections européennes : l'Appellation d'Origine Protégée
(AOP), l'Indication Géographique Protégée (IGP) et
l'Attestation de Spécificité (AS).
Leur mission est d'identifier et de protéger les produits agricoles
et alimentaires des traditions et des terroirs européens.
Le 3 janvier 1994 , la loi relative à la reconnaissance de qualité
des produits agricoles et alimentaires qui définit l'articulation
des signes de qualité français avec les protections européennes
est adopté par la France afin d’éviter une multiplication
des signes de qualité dans laquelle le consommateur ne se retrouverait
plus.
Pour entamer de telles démarches et ainsi demander une de ces protections
communautaires, seuls les producteurs ou les transformateurs organisés
en groupement et disposant d'un cahier des charges peuvent y prétendre.
C'est l'Institut National des Appellations d’Origine (INAO) qui
a en charge, entre autre, la protection juridique des IGP et AOC/AOP.
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Quelles sont les
significations des AOP et IGP ?
L'Appellation d’Origine Protégée (AOP) correspond
au nom d'une région, à un lieu déterminé ou
dans des cas exceptionnels, à un pays qui sert à désigner
un produit agricole ou une denrée alimentaire :
- originaire de cette région, de ce lieu déterminé
ou de ce pays,
- dont la qualité ou les caractères sont dus essentiellement
ou exclusivement au milieu géographique comprenant les facteurs
naturels et humains et dont la production, la transformation et l'élaboration
ont lieu dans l'aire géographique délimitée.
L'AOP protège la dénomination de vente, le nom géographique
ou encore les dénominations traditionnelles (géographiques
ou non).
L'Indication Géographique Protégée (IGP) correspond
à l'association du nom d'une région ou d'un lieu déterminé
voire d'un pays et d'un produit agricole ou d'une denrée alimentaire
qui en est originaire.
L'IGP désigne un produit alimentaire dont une qualité déterminée,
la réputation ou une autre caractéristique peut être
attribuée à une origine géographique et dont la production
et/ou la transformation, et/ou l'élaboration ont lieu dans l'aire
géographique délimitée.
Ces deux signes ont été créés pour garantir
l'authenticité de l'origine et donc l'influence caractéristique
de la région sur la qualité du produit. Le champ d'application
est le même dans les cas des AOP et des IGP, mais à la différence
de l'AOP, qui peut protéger des dénominations traditionnelles
géographiques ou non, l'IGP ne peut concerner qu'une dénomination
géographique.
Deux exemples concrets
L’AOC / AOP Miel de Corse – Mele di Corsica
En 2009, cette appellation compte 85 adhérents pour un volume de
production de 262 tonnes. Elle est l’expression de la diversité
du terroir. Le Miel de Corse peut se décliner en une gamme variétale,
selon la saison, la situation géographique et l’altitude
où le miel a été récolté.
La spécificité du Miel de Corse est liée à
la richesse de la flore et des paysages : plaines, vallées, littoral,
montagne. L’île, montagne dans la mer, offre aux abeilles
une riche végétation spontanée ; les floraisons successives
s ‘étalent tout au long des saisons, de la mer à la
montagne.
De plus, le lien au terroir est d’autant plus fort qu’il existe
un écotype corse de l’abeille noir « Apis mellifera
mellifera L. ». Cette abeille corse, adaptée aux variations
climatiques de l’île – chaleur, humidité et froid
en montagne – est une des rares abeilles au monde à travailler
tout au long de l’année
IGP Miel de Provence
En 2009, cette appellation comprenait 170 apiculteurs pour une production
annuelle de 500 tonnes.
Les miels de Provence ont pour caractéristiques botaniques d’être
monofloraux ou polyfloraux, y compris le miel de miellat, issu de la flore
spontanée de Provence ou d'une culture spécifique à
la Provence, à l'exception des cultures de colza, de tournesol
ou de luzerne ainsi que toute autre culture non spécifique.
Pour le lien au terroir, les miels de Provence sont produits par les abeilles
à partir du nectar ou du miellat qu'elles prélèvent
sur la flore spontanée provençale ou sur des cultures spécifiques
à la Provence.
Comment prouve-t-on l’origine du produit ?
Dans le cas des deux appellations, la preuve de l’origine
est apportée par plusieurs points :
- des contrôles des ruchers et de leur localisation ainsi que de
la miellerie de chaque apiculteur pour vérifier la conformité
au cahier des charges
- la traçabilité des produits qui est assurée par
une obligation pour les producteurs de tenir un registre d’entrée
et de sortie. Ce document doit être tenu à la disposition
des agents chargés des contrôles
- l’analyse pollinique qui permet l'établissement du spectre
pollinique (lister les pollens présents dans le miel et définir
leur fréquence respective) afin de s'assurer de l'origine florale
et donc géographique du miel.
Pour l’AOP Miel de Corse, la spécificité à
vérifier systématiquement est la présence de l’abeille
d’écotype corse chez chaque apiculteur.
Il est important de noter qu’un produit ne peut prétendre
à une AOP que s'il bénéficie déjà d'une
Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) et l'IGP ne peut
être obtenue qu'à condition de l'acquisition préalable
d'un Label ou d'un Certificat de Conformité.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter
les sites Internet suivants :
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